Home Africa Cameroon « Dois-je sacrifier mon unique projet de vie pour financer les études de mon frère ? »

« Dois-je sacrifier mon unique projet de vie pour financer les études de mon frère ? »

« Dois-je sacrifier mon unique projet de vie pour financer les études de mon frère ? »



Bonjour à tous sur le plateau, je m’appelle Nelly j’ai 24 ans. Je vends des fruits au bord de la route à Douala. J’ai dû arrêter l’école en classe de terminale après le décès de notre père pour aider ma mère. Depuis, j’ai enchaîné les petits boulots ménagère, vendeuse de beignets, serveuse dans un snack avant d’arriver à mon commerce de fruits actuel.

J’ai toujours soutenu mon petit frère dans sa scolarité avec mes propres moyens : je payais ses répétitions, ses fournitures et je complétais ses inscriptions quand maman ne pouvait plus. Lorsqu’il a eu son bac cette année, j’étais immensément fière et j’ai même fermé mon commerce plus tôt pour aller célébrer ça avec lui.

Il souhaite maintenant suivre une formation professionnelle dont la première année coûte 750 000 FCFA avec les différentes dépenses. Suite à cela, ma mère m’a demandé combien j’avais économisé et j’ai commis l’erreur de lui dire la vérité: j’ai économisé 600.000F. Une somme que j’ai obtenu après trois ans de sacrifices extrêmes, en économisant chaque franc que je gagnais, en portant les mêmes chaussures pendant deux ans et en me privant du strict minimum.

Mon objectif absolu avec cet argent est de louer une petite boutique pour échapper au soleil, à la pluie, à la poussière et aux tracasseries des agents municipaux, afin d’ajouter des jus naturels et un congélateur à mon activité. Mais lorsque j’ai partagé ce projet, ma mère a décrété que la boutique pouvait attendre et a exigé que je donne au moins 500 000 FCFA, comme contribution j’ai dit non, j’ai proposé de donner 150 000 FCFA elle a refusé.

C’est à ce moment que ma tante en a profité pour m’asséner la phrase qui me meurtrit : « Toi tu as déjà raté ta vie scolaire. Ton petit frère peut encore devenir quelqu’un. Au moins aide-le à réussir. » Face à ma révolte, elle a confirmé que les études de mon frère priment largement sur ma « simple » boutique de fruits, m’enfermant dans l’idée que mon avenir compte moins.

Même mon frère était gêné. Il a proposé de chercher un petit travail pour attendre l’année prochaine, mais ma mère a refusé par peur qu’il ne fasse une année blanche . Elle m’a ensuite fait culpabiliser en pleurant, affirmant que la réussite de son fils profiterait à toute la famille. Lorsque je lui ai demandé ce qu’il adviendrait si ma boutique réussissait, elle est restée silencieuse. son silence m’a profondément meurtrie, révélant son manque de considération vis à vis de mon projet.

Je ne suis pas jalouse de mon petit frère que j’aime profondément, mais je refuse d’être éternellement la personne sacrifiée sous prétexte que mon parcours initial a été brisé. Aujourd’hui, je me retrouve cruellement coincée : si je garde mon argent, la culpabilité me rongera en le voyant rater une année ; si je cède et je donne les 500 000 FCFA, mon rêve disparaîtra et je devrais tout reprendre à zéro je ne sais quoi faire aidez moi s’il vous plaît.

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